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Dimanche 29 mars 2009

Chevreux, Société Générale, Valéo, Crédit Agricole...Plus loin mais tout aussi stupéfiant, AIG, Merill Lynch, Bank of America...Autant de sociétés dont les patrons bénéficient de bonus incompréhensibles, se chiffrant à millions parfois même après les aides versées de l'Etat à leur entreprise, ou encore leur manque patent de résultats.

Ont-ils seulement conscience que par leurs agissements ils nuisent à l'entrepreneuriat français, dont je fais partie, au même titre que des dizaines de milliers de chefs d'entreprise. Ils nous décrédibilisent,  nous procurent l'opprobe par assimilation et assassinent le fondemement de la morale libérale.  Ont-ils perdu le sens de l'éthique ou ne l'ont-ils jamais eu?

Quelques éléments pour recentrer le débat. Ces patrons, comme le rappelait il y a quelques jours un journaliste d'Europe 1, ne réprésentent tout d'abord que 1% des patrons français. Mais ce "pourcent" est suffisant pour que les 99 autres patissent de leurs agissements, suffisant pour que le prisme par lequel la politique oeuvre à l'aide des journalites, déforme la vision de l'économie libérale . Le vers est dans le fruit.
Pourtant, il n'est pas inutile de rappeler que le revenu moyen des chefs d'entreprises français est de l'ordre de 4.400€ par mois, loin des stock options, golden bonus et retraites chapeaux des dirigeants des entreprises susvisées et autres du CAC 40. Il n'est pas inutile de rappeler que la France est constituée de PME/PMI qui assurent l'emploi à 80%, sans avoir attendu les bonus dorés pour fonctionner. Que ces derniers se débattent entre les impôts, les charges, les prises de commandes, les contraintes sociales, la paperasserie, se battent contre les banquiers, les impayés, les licenciements, parfois même l'Etat et tout cela pourquoi? Pour tenter de sauver l'emploi et le sens qu'ils donnent à leur combat...sans bien entendu pouvoir bénéficier du chomage ou de toute autre forme de garantie. Mais bien sur, pour comprendre cela il faut avoir créé, repris ou sauvé une entreprise, en aucun cas en hériter et encore moins être désigné à la tête d'un navire dont on ne connait pas les commandes.

Et cela, le Medef ne l'a ni vu ni compris.
Et pourtant, même au siècle dernier la simple hérédité n'étant pas une garantie de compétence dans les affaires, la continuité de l'entreprise passait par une attentive formation des fils d'entrepreneurs ou, à défaut, de leurs neveux, jusqu'à ce qu'ils soient capables d'assumer des fonctions de responsabilités, puis d'être associés à la gestion. Où est passée cette longue formation au métier et à la responsabilité de l'entreprise? Dans les grandes écoles et les grands corps? Ce peut-être une solution respectable. Elle devient cependant illusoire si elle est soumise à le dictature du court terme, à l'attrait du profit immédiat et à l'absence d'éthique. Car si l'entreprise est l'organisme économique, l'entrepreneur lui donne la vie, la direction, la conscience, il est la force motrice de la structure sociale (
Paul Leroy-Beaulieu).

Un entrepreneur est un batisseur et il n'y a d'entreprise que dans une vision à long terme.  
Sont-ce donc des entrepreneurs que ces patrons qui oublient l'intérêt général et privilégient le leur à très court terme au détriement de la stratégie de l'entreprise dans son contexte économique? Qui changent de postes comme d'employés, de fournisseurs comme de chemises?
Je puis vous dire que non car pour eux, point de souci du prochain ni modération des pulsions d'avidité et d'accaparement. L'esprit de lucre aura pris le pas sur la morale entrepreneuriale, les règles de droit et d'équité qui prévalent chez la majorité d'entre nous, chefs d'entreprise.
Mais cela non plus le gouvernement ne le voit pas et fait d'une actualité centrée sur les grands patrons un cas semble-t-il général. Il faut bien des boucs émissaires...et l'on prend des "non patrons", au sens éthique du terme, pour moraliser tous les vrais, les autres....

Je ne remercie pas ces pseudo patrons et j'ai honte pour eux.
Je ne remercie pas l'Etat de leur préter tout ce crédit médiatique.

L'inévitable Loi qui va être imposée et dans laquelle peu d'entre nous vont se reconnaitre, viendra probablement briser l'entrepreneuriat dans sa conscience propre, l'envie d'entreprendre simplement et librement. Mais s'il faut en passer par là, pourquoi pas. Cette Loi de toute évidence, n'atteindra pas plus durement un vrai chef d'entreprise qui a de la conviction, que les coups qu'il prend à chaque étape de la construction de son entreprise dans un tel contexte.
Mais il est une chose que la Loi ne remplacera jamais, c'est la morale et la conscience de l'autre, le sens de l'éthique. C'est une question de respect, d'éducation, de valeurs et légiférer sur ce point me semble bien délicat! Des voyous, il y en a eu de tous temps, partout  et il y en aura encore demain. C'est le genre humain qui le veut...

Sur ce dernier sujet : lire
l'entrepreneur et l'éthique (blog .tpe-pme.com)

Cyber entrepreneur

Par Cyber entrepreneur - Publié dans : L'Etat et son soutien!!! - Communauté : Politique française
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Mardi 24 mars 2009

Face à la multiplication des annonces de licenciements des sociétés plus cotées les unes que les autres, au pessimisme ambiant, à l'évaporation organisée des saines valeurs de travail, de joie et d'émulation, à la disparition des notions de service rendu et à l'évolution des cours du CAC 40 ou du Dow Jones, que nous reste-t-il?

Une bonne dose d'optimisme...à aller chercher.

Les grosses entreprises ne peuvent plus insufler l'optimisme. Elles sont malheureusement victimes de leur exposition médiatique, de leur gouvernance erratique, de la pression des cours et des erreurs de communication de leurs patrons. Elles sont la proie de leurs objectifs initiaux: la rentabilité à tout prix. Serait-ce la fin d'un cycle : celui du tout concentré et du mégagéant?

Peut-être...

Dans nos petites entreprises, gouvernées par des entrepreneurs libéraux qui n'ont ni stock option, ni golden bonus, ni dividendes, il est un fait, nous avons conservé le pragmatisme, celui qui rassure les gens qui ont la bonté de travailler à nos cotés. Nous savons qu'il faut nous battre pour inventer, innover, convaincre, produire, vendre, facturer et recouvrer. Ils le voient y participent activement et cela génère une constante : sauf exception, nous avons peu à nous battre pour convaincre nos salariés de bosser et d'espérer, car ils savent plus que tous le prix que nous payons pour tenter de maintenir l'emploi. Ils savent également que nous ne sommes pas là pour marger sur leur dos et que nous leur ferons profiter des fruits de notre développement et de notre rendement. Dans les TPE et le PME, l'échelle des valeurs est ressérée  et la communication se fait d'elle même, laissant peu de place à la rumeur tant nous sommes tous près des réalités.

Si j'en crois les personnes qui m'entourent, elles sont heureuses de venir travailler. Certes, leur rythme est soutenu, mais elles savent que notre petite structure est là pour les protéger, car le patron se protège lui même par le maintien de son seul moyen de subsistance : l'Entreprise ou la valeur dégagée par ces femmes et ces hommes qui embrassent la même cause. Dans nos structures libérales, point de politique, point de grandes manoeuvres, pas de place aux stratégies opaques et occultes, aux discours faux et complexes, que pas un salarié sur deux ne peut capter. L'optimisme y est de rigueur car le pessimisme et les manoeuvres riment avec dépôt de bilan.

Small is beautifull...

Vous êtes tentés par l'entrepreneuriat libéral?

Cyber entrepreneur

Par Cyber entrepreneur - Publié dans : Mon entreprise - Communauté : Contre la crise
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Lundi 16 mars 2009

La protestation a un coût.

Savez-vous ce qu'une journée de grève coûte à une petite entreprise comme celle que je gère?
Au premier abord, le chiffre d'affaires de 4 journées facturables, soit 4.800€ H.T.. Et oui, les salariés chez nous viennent de loin, se lèvent tôt, prennent le train, puis le métro, puis leurs petites jambes, car ils ont envie de bosser.
4.800€, C'est une première façon de l'exprimer.

Bon, après tout, si l'on déduit l'IS cela ne fait plus de 3.500€ de perdus, soit 15% de notre chiffre d'affaire mensuel. Une paille quand on sait que les effets mécaniques de la crise ont déjà entammés 20% du chiffre d'affaires de l'année.

Une deuxième façon de l'exprimer consiste à dire que cela fait un salaire perdu sur les 4 salaires visés. Soit 25% de la masse salariale d'un mois.

Une troisième façon de l'exprimer consiste à l'appliquer à l'ensemble du secteur privé pour avoir une idée de la perte au niveau national...je ne souhaite pas vous donner le vertige!

Mais plus que tout, c'est un raz le bol exprimé par les personnes qui ont la dignité de travailler, un "y'en a marre de toujours payer les pots cassés".

Les gens qui ont le courage de travailler dans mon entreprise ont décidé de me le dire haut et fort: "Si vous souhaitez fermer l'entreprise, n'ayez pas de remords ni de regret, nous sommes dans un pays d'abrutis et nous comprendrions que vous ne souhaitiez plus vous battre". Quand je les entends, j'ai honte pour ceux qui font la grève, honte de cette inertie de nos pouvoirs publics qui au nom du sommet social et pour éviter d'avoir des émeutes, ont distribué des milliards pour calmer le jeu...Nous savions tous que cela ne servait à rien
voir l'article du 19 février 2008 sur le sommet social.

Ce pays est dans une impasse, celle de l'envie et de la convoitise.

Il est grand temps de réagir : alors moi aussi je vais réagir, je vais supprimer 4 emplois, ne plus me battre et attendre de voir le résultat: après tout, c'est une façon efficace de faire grève non?

Cyberentrepreneur

Par Cyber entrepreneur - Publié dans : Mon entreprise - Communauté : Contre la crise
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Mercredi 11 mars 2009

Je vous recommande l'excellent mais néanmoins terrifiant article publié dans l'Edition du Monde d'aujourd'hui par Patrice Claude :

"Douze millions d'Egyptiens naviguent sur Internet, 200 000 ont ouvert un blog, 10 000 y font de la politique. Le gouvernement d'Hosni Moubarak y voit un danger. Et réprime...

C'est une vidéo qui retourne le coeur. Un jeune homme de 21 ans pleure comme un enfant. Il va bientôt hurler sa douleur. Courte barbe noire, cheveux courts frisés, belle gueule,
Imad El-Kebir est plié en deux sur un sol taché. Ses poignets sont attachés dans le dos, ses chevilles liées. Il est nu des pieds à la taille. Quelqu'un lui tient les pieds en l'air. Sur l'image en contre-plongée, on aperçoit quatre paires de pieds, des policiers. L'un d'eux manipule un long bâton noir....Lire la suite .

Cyberentrepreneur

Par Cyber entrepreneur - Publié dans : Les difficultes des copains - Communauté : Contre la crise
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Mardi 10 mars 2009

Il y a 3 ans, j'ai engagé une dame de 64 ans...

Selon la presse du jour, les français sont désormais 49% à se déclarer prêts à travailler au delà de 62 ans. Nous progressons à petits pas mais certainement. Notons toutefois qu'il y a encore 51% de la population qui n'a pas compris qu'il n'y aura pas de retraite confortable à 60 ans, encore moins avec la crise financière qui a rongé une bonne partie des retraites dans les investissments malheureux des fonds de pension.
Ceux-là pensent qu'ils ont encore le choix...

Il y a 3 ans, à l'époque où je cherchais une assistante, il m'a été donné de rencontrer une dame fort sympathique, joviale et avenante de 64 ans, qui, vivant seule et avec un très petit revenu (issu de travaux divers et variés et non stables), ne pouvant bénéficier que du minimum vieillesse (600€ par mois), ne s'en sortait pas. On s'en doute!
J'avais besoin d'un profil ouvert, d'expérience et de confiance, réactif et aux horaires souples.
J'ai pris le pari! Il me fallait un peu de courage, car c'était ma première embauche et, moi aussi je l'avoue, j'étais en proie, comme beaucoup d'employeurs, au questionnement sur les capacités de séniors.

Elle s'est montrée très entreprenante, mais toujours discrète, d'une disponibilité à toute épreuve, censée et avisée, bosseuse, commerciale et plus que de confiance.

Depuis, d'autres embauches ont suivi. Elle est aujourd'hui la "petite mère" de tout le monde...
Et moi, un chef d'entreprise heureux.

Elle a le recul nécessaire en temps de crise pour ne pas sombrer dans l'anarchie, elle a vécu et nous en fait profiter. Elle nous calme.
Son mi-temps d'origine s'est transformé à plein temps, du secrétariat elle est passée à la comptabilité; elle gagne aujourd'hui 2.500€ nets par mois et pour nous, les charges patronales sont allégées car le gouvernement a eu la bonne idée de favoriser l'emploi des séniors.
Elle nous dit être heureuse car elle a le sentiment de se sentir utile à quelque chose, ce que nous lui rendons car nous ne pouvons plus nous passer d'elle!!!

Si ce n'est pas une solution anti crise ça???

Cyberentrepreneur

Par Cyber entrepreneur - Publié dans : Mon entreprise - Communauté : Contre la crise
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